lundi 9 juin 2008

Une controverse indienne

Ce mercredi 11 juin à 13h en salle 104 de la maison de la recherche, je - Marie-Hélène Gorisse (Lille 3) - vous parlerai des

Problèmes de référence lors d’un changement de perspective :

logiciens jaïns vs grammairiens pâninéens

Dans l’exposition de leur ‘théorie des points de vue’ (naya-vâda), les jaïnas critiquent la prétention à l’universalité des thèses des autres écoles de pensée indiennes, dont celles des grammairiens et des théoriciens du langage de la tradition pâninéenne.

En utilisant l’ouvrage de Prabhâcandra du 9e siècle de notre ère, le prameya-kamala-mârtanda, ou ‘ce qui éclaire le fonctionnement des objets de la connaissance justifiée’, nous développerons celle de leurs critiques qui porte sur la question de la référence lors d’un changement de perspective et, plus précisément, sur le problème suivant :

La référence des expressions qui incluent un aspect temporel peut se faire à partir d’une perspective autre que celle du contexte d’assertion

A partir de là, la critique jaïn est la suivante : si la grammaire de Pânini force l’interprétation en donnant des règles qui établissent laquelle de ces perspectives il faut choisir, alors les grammairiens sont incapables d’épuiser tout le contenu de signification d’une expression (qui, selon la théorie jaïne, est par nature pluriel) et doivent en être conscients.

Les arguments que nous rencontrerons seront très proches de ceux avancés dans la discussion de Kripke sur le problème de la désignation dans les contextes intentionnels.

...à mercredi !

vendredi 30 mai 2008

Séance du 4 juin

Le mercredi 4 juin, Aude Popek (Lille 3) interviendra sur le thème suivant:

Les théories médiévales de la référence

Le concept de suppositio est un concept fondamental dans la sémantique médiévale. Pour de nombreux philosophes et historiens, cette théorie a été la contrepartie médiévale de la théorie de la référence. Pour d'autres, il s'agissait plutôt de la rapprocher des théories de la signification.

La référence (suppositio) d'un terme désigne habituellement, pour les logiciens médiévaux, la propriété d'un terme seulement en tant qu'il est dans un context propositionnel. Ainsi, un même terme peut référer de manière différente à différents objets dans différents contexts propositionnels, ou même référer à un objet dans une proposition et à rien dans une autre. Nous présenterons ici cette théorie de manière générale et en particulier telle qu'elle se présente chez Guillaume d'Ockham et Walter Burley.


La séance aura lieu de 13H à 15H en salle 019 de la Maison de la Recherche.

Venez nombreux !


vendredi 9 mai 2008

La référence et les mathématiques grecques

Le séminaire 'Référence' est en belle forme : nous nous retrouverons à nouveau mercredi prochain, 14 mai, de 13h à 15h en salle 019 de la Maison de la Recherche (et avec du café!), pour l'intervention de Fabio Acerbi (Lille 3) qui nous parlera des


"Formes de référence dans les mathématiques grecques"

La preuve d’une proposition mathématique se fonde soit sur des résultats acquis, soit sur des passages établis à l’intérieur de la même preuve. Le style mathématique grec antique avait développé un système très sophistiqué de structures anaphoriques, qui agissaient à plusieurs niveaux grammaticaux et syntaxiques. L’exposé en donnera une vue panoramique, en prenant comme base des théorèmes des Éléments d’Euclide. Les structures présentées seront :
1) Les formes des renvois explicites à des propositions précédentes.
2) Les structures anaphoriques qui agissent à l’intérieur d’une démonstration; signification et usage de l'article comme unité linguistique anaphorique “de courte portée” fondamentale.
3) La présence ou absence de déictiques, notamment des pronoms démonstratifs.
4) La signification et l’usage des lettres pour désigner des objets mathématiques. On essayera de clarifier le mode de référence au diagramme qui en découle.
5) La signification et l’usage des numéraux ordinaux comme variables, à comparer avec la pratique stoïcienne d’emploi des numéraux ordinaux comme abbréviations.
6) La structure conditionnelle ou déclarative des énoncés. Ces formes sont capables d’exprimer la généralité mathématique sans qu’il faille introduire des quantificateurs; on comparera ces structures avec les conditionnels indéfinis stoïciens.

...à mercredi !

mardi 6 mai 2008

Séance du 7 mai: Gabriel Sandu

Mercredi 7 mai, Gabriel Sandu (IHPST, Paris 1-CNRS) interviendra sur le thème suivant:

Hintikka on rigid designators and quantification in modal contexts

La séance aura lieu de 13H à 15H, en salle 019 de la Maison de la Recherche.

Venez nombreux !

jeudi 24 avril 2008

Reference to non-existent objects

Francesco Berto, de l'IHPST et de l'Université de Venice-Ca’Foscari, présentera ce mercredi 30 avril :

Close Encounters (with Meinongnianism) of the Third Kind : How to Refer to Nonexistent Objects

It is a manifest fact of the vernacular that we can refer to, and quantify on, nonexistent objects, such as hobbits, golden mountains, and winged horses. Meinong’s original object theory provided a simple account of this fact, based upon the assumption that any description refers to some object – as captured by the naïve Abstraction Principle for objects:
(AP) For any condition y on (expressible) properties, some object satisfies y
However, as the (in)famous Russell-Quine story goes, this led to unacceptable consequences, such as the admission of objects satisfying “the round-square cupola of Berkeley College”, or “the existent golden mountain”. Two main kinds of neo-Meinongian theories have been elaborated to rehabilitate nonexistents, and both require restrictions to the (AP):
(1) the nuclear/extranuclear strategy, subscribed to by Parsons, Jacquette, Routley, et al., introduces a fundamental division between two kinds of properties, and restricts the property domain for (AP) to the nuclear ones;
(2) the dual copula strategy, due to Mally, Zalta, Rapaport, et al., postulates an ambiguity in the ordinary copula (the “is” of encoding, the “is” of exemplifying), and has (AP) hold for the encoding of properties.
Following some recent hints by Graham Priest, I aim at proposing a Third Kind of Meinongianism, in which the (AP), suitably qualified, can hold unrestrictedly for all properties and with no need of copula ambiguity. For this purpose, I will need a modal semantics with so-called non-normal or impossible worlds (roughly: worlds where the laws of logic are different).
In this talk I present some features of the theory, and discuss a difficulty in providing objects of reference for descriptions that include world-pointers, that is, explicit or implicit world-indexical terms such as “at w”. I grant that the presence of world-pointers requires some limitation of the (AP), and show that such a restriction provides useful insights into the modal metaphysics underlying the theory.


...rendez-vous de 13H à 15H en salle 019 de la Maison de la Recherche !

mardi 15 avril 2008

Séance du 23 avril: changement de salle

Attention !

La séance du 23 avril qui devait initialement avoir lieu en salle 019 de la Maison de la Recherche se déroulera exceptionnellement en salle 104 de la Maison de la Recherche, toujours de 13H à 15H.

lundi 14 avril 2008

Séance du 23 avril

Le mercredi 23 avril, nous aurons le plaisr d'écouter Aranzazu San Gines Ruiz (IHPST, Paris) qui interviendra sur le thème suivant:

Epsilon-termes, objets arbitraires et pronoms anaphoriques

Au début des années 20, Hilbert et ses collaborateurs introduisirent ce que l’on a appelé des « epsilon-termes » afin de trouver une définition explicite aux quantificateurs existentiel et universel. Aujourd'hui, ces termes connaissent un intérêt renouvelé. L'une des causes en est les conséquences bénéfiques qu’ils semblent entraîner quand ils sont appliqués dans le domaine du langage naturel. C’est ce cas qui nous intéressera en particulier. On verra comment on peut définir un langage de premier ordre avec des « epsilon-termes », et on motivera leur usage à travers quelques exemples. Ensuite, on s'intéressera à la théorie des objets arbitraires développée par K. Fine (1985), et dans ce contexte, on fera une comparaison entre les « epsilon-termes » et les objets arbitraires. Pour finir, on exposera certaines vertus que peut présenter un traitement formel du langage naturel qui emploie ce genre d’objet. En ce sens, on se concentrera essentiellement sur le cas particulier des pronoms anaphoriques.

Cette séance aura lieu de 13H à 15H en salle 019 de la Maison de la Recherche.

Venez nombreux !